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Texte par Stéphanie Blouin
Je me souviens d’une époque pas si lointaine où rouler en montagne voulait dire souffrir volontairement. Les montées étaient des épreuves, les descentes une récompense et la sueur une médaille invisible. Si tu arrivais en haut encore capable de former une phrase, tu n'avais clairement pas forcé.
Puis un jour, une drôle de bébelle est apparue sur les sentiers : le vélo de montagne à assistance électrique (VAÉ). Un vélo… avec un moteur. Sacrilège pour certains, révolution pour d’autres. Pour les plus conservateurs, c’est le vélo du paresseux ou du tricheur. Si on regardait ça autrement ?
Oui, le vélo à assistance électrique aide en montée, mais non, il ne fait pas le travail à ta place. Tu as encore besoin de pédaler, de t’investir, de transpirer. Juste… différemment.
On dirait que dans certains cercles, plus tu as de sel sur le visage, plus tu as de valeur. Mais on n’est pas dans une secte, on est dans un sport et dans le sport, l’intelligence de gestion de l’effort est aussi importante que la force brute.
Le VAÉ te permet de faire plus avec la même énergie. Tu montes plus vite, tu fais plus de descentes, tu rentres avec les cuisses fatiguées et un sourire au visage. Pas de triche ici, juste de l’optimisation.
Tu pédales toujours. Tu transpires encore. Tu travailles tes muscles, ta technique et ton mental. La différence ? C’est toi qui choisis à quel point tu veux souffrir. Tu veux te donner à fond ? Mode Éco. Tu veux juste profiter d’une longue journée de ride sans être à bout de souffle à la troisième montée ? Mets le mode trail. Tu veux suivre des amis plus rapides sans trop t’épuiser et te garder du « jus » pour la broue de fin de journée ? Le boost est ton meilleur allié. Ce n’est pas «facile», c’est «adapté» et ça change tout.
On pense souvent que le VAÉ est juste là pour faciliter les montées. C’est vrai… mais incomplet parce que ce que beaucoup oublient, c’est que le poids du vélo peut jouer en ta faveur dans les descentes : meilleure adhérence, plus de stabilité et un effet bulldozer très appréciable quand le sentier devient technique. Ajoute à ça la vitesse du coup de pédale, qui te permet de garder ton flow sans t’épuiser et tu comprends vite que ce n’est pas juste un vélo de confort, c’est une machine à maximiser le fun.
Non, utiliser un moteur n’annule pas ton entraînement. Il ne t’enlève pas tes mollets, ni ta fierté. Tu peux rouler fort, transpirer et te dépasser dans les montées comme tout le monde. La différence ? Tu gères ton niveau d’effort. Tu adaptes ton intensité à ta forme du jour.
Excellent pour ceux qui débutent, ceux qui sont moins en forme, ceux qui veulent en faire plus ou s’entraîner.
Surtout : il ne crée pas deux mondes séparés. Grâce au contrôle de l’assistance, chacun peut ajuster l’intensité de son effort, ce qui permet à des groupes mixtes (électriques et non électriques) de rouler ensemble, au même rythme, sans casser l’esprit de gang.
On ne va pas se mentir : le poids d’un VAÉ peut poser un problème dans certains parcs à vélo où les remontées mécaniques refusent les vélos trop lourds. Mais… est-ce vraiment un problème quand tu as un moteur dans les jambes ? Et puis, les fabricants l’ont compris : les nouveaux modèles version light sont plus légers, plus compacts et mieux acceptés dans les stations. Résultat ? Moins de limites, plus de plaisir.
Arrêtons de voir le vélo électrique comme une trahison pure et dure du vélo de montagne. Ce n’est ni une facilité, ni une triche, c’est une évolution. Une autre manière d’aimer le même sport.
Que tu montes à la force des jambes ou avec un petit coup de pouce du moteur, on partage les mêmes sentiers, les mêmes sourires et les mêmes défis. Le plaisir, lui, ne fait pas la différence entre les watts de ta jambe gauche et ceux de ta batterie.
C’est un outil qui ouvre le sport à plus de monde, qui permet à chacun de rouler à son rythme, de progresser à sa façon et de partager les sentiers sans se comparer. On ne retire rien aux efforts des autres. On choisit juste une manière différente de les vivre.
Alors restons ouverts, bienveillants… et concentrés sur ce qui nous rassemble : le plaisir de rouler, peu importe le moyen!
Le VAÉ n’est pas pour les lâches. C’est pour les curieux, les passionnés, les malins… et ceux qui veulent juste rider plus. Le plaisir, ce n’est pas dans le moteur ou dans les mollets… c’est dans chaque coup de pédale que tu choisis.
Bonne ride. ✌️
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