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Le Mexique, reconnu pour ses plages, sa nourriture savoureuse et ses tout-inclus est une destination coup de cœur pour beaucoup de vacanciers québécois, mais étonnamment, pas autant chez les cyclistes en recherche de dépaysement. Pourtant… les avantages de découvrir le Mexique à vélo sont nombreux : des vols directs vers le pays, un taux de change avantageux, des paysages spectaculaires et variés, un climat relativement chaud et des terrains pour tous les niveaux.
J’avoue avoir une passion bien assumée pour ce pays que j’ai visité et traversé pour la première fois en 2003, sur le pouce…OUF ! Depuis, j’ai adopté un comportement plus prudent en y voyageant à deux reprises à vélo, dans les régions d’Oaxaca, du Chiapas et dans la péninsule du Yucatan.
Ces kilomètres parcourus m'ont fait connaître un peu plus le pays et j'y ai appris la base de l’espagnol, ce qui m’a permis de planifier un nouveau projet dans une autre région, avec plus de confiance, mais pas au point d’y aller seule ! J’ai donc lancé un appel à mon entourage pour finalement réunir Nicolas Boudreau, Marc Morin et Marie-Camille Provencher pour une aventure d’un mois à vélo sur l’un des itinéraires de bike packing les plus populaires en Amérique : La Baja Divide
Ce tracé mythique, de près de 2 700 kilomètres, débute à San Diego en Californie et termine à La Paz au sud de la péninsule de la Basse-Californie, au Mexique. Nichée entre l’Océan Pacifique et le golf de Californie, la Baja Divide traverse plusieurs chaînes de montagnes et plusieurs types de paysages. Des paysages des plus verdoyants aux plus désertiques, là où la mer n’est jamais très loin. En photos, c’est le paradis, mais la Baja comporte de nombreux défis : le peu d’accès à l'eau douce, l'isolement et la chaleur (entre autres), qui peuvent être de réels enjeux si l’on n’est pas préparés adéquatement.
Au départ, notre quatuor avait comme objectif de rouler la quasi-totalité du tracé en 4 semaines, mais une fois en route nous nous sommes rendu compte que ça ne serait pas possible !
Le terrain difficile et peu roulant, le poids de nos vélos chargés et le rythme plus lent qu’impose le voyage en groupe nous amènent à revoir notre plan pour finalement rouler 1900 kilomètres en 29 jours sur un total de 33. En prenant quelques raccourcis et un autobus sur une centaine de kilomètres, nous nous sommes rendus à notre destination: San Jose Del Cabos, à l'extrême sud de la péninsule.
Pédaler à travers ces vallées verdoyantes qui se transforment au fil des kilomètres en forêts de cactus m’a beaucoup apaisée. Loin des stimuli urbains, avec peu de réseau cellulaire, ce fut une longue pause bien méritée. Oui, le terrain m’en a fait baver, particulièrement lors de la première semaine où ça montait beaucoup, mais je me sentais tellement bien et en contrôle de mon vélo que je ne me suis jamais découragée par l’état des routes et sentiers. Je dirais même que mon plus gros défi a été au niveau social!
Il y avait longtemps que je n’avais pas voyagé avec d'autres personnes, particulièrement avec des gens que je connaissais peu. Cela m’a demandé une certaine adaptation et un lâcher-prise, mais malgré tout, je suis contente d’avoir pu vivre ce voyage en avec eux. La sécurité mentale que leur présence m’a portée n’a pas de prix et la force du groupe m’a permis d’aller au-delà de ce que je pensais pouvoir accomplir.
Un autre avantage de voyager à plusieurs: le prix plus accessible des hébergements. Pour les hôtels (où nous dormions environ un jour sur trois), ça revenait à une dizaine de dollars canadiens par personne, par nuit. À ce prix, c’était difficile de dire non et souvent, c’était même nécessaire, pour l’accès à l’eau (douche, lessive, vaisselle) et à l’électricité.
S’aventurer sur la Baja Divide demande une bonne préparation et un équipement adéquat. Selon la période de l’année, la moitié nord du tracé peut être très froide avec des températures nocturnes autour du point de congélation.
Dans le sud, il peut facilement faire 40 degrés Celcius à l’ombre à midi. Aussi, il faut être en mesure de transporter jusqu’à 10 litres d’eau sur certaines sections, car l’approvisionnement en eau douce est extrêmement variable. Oui, il y a de l’eau de mer, mais pour boire, se laver ou nettoyer le cuissard, ce n’est vraiment pas l’idéal !
Dans notre cas, sur un mois de vélo, à deux reprises seulement nous avons fait des sections de 3 jours sans ravitaillement possible. Le reste du temps, nous avons croisé des villages presque chaque jour, et c’était facile de se réapprovisionner, quoique souvent très limité.
Avoir un vélo adapté au terrain sablonneux et accidenté avec des pneus d’au moins 2,4 pouces est aussi fortement suggéré. Dans notre groupe, nous avions une belle variété de vélos Panorama Cycles (Boréal avec transmission Pinon pour moi, Taïga avec fourche rigide pour Nicolas et le Chic-Chocs pour Marc). De son côté, Marie-Camille a roulé le Surly Gost Grappler. Nous avions tous des pneus de 2,6 po, montés sans chambre à air, et aussi incroyable que ça puisse paraître, personne n’a eu à réparer une crevaison sur des centaines de kilomètres dans les forêts de cactus.
Mon amour du Mexique ne me rend pas aveugle et je suis consciente que certaines régions ou situations peuvent être dangereuses (même en tant que touriste à vélo). Non, on ne peut pas agir au Mexique comme au Québec même si la Baja California a une très bonne réputation.
Il est aussi nécessaire de consulter les sites gouvernementaux pour obtenir les informations les plus récentes, tant sur la situation criminelle, politique ou météorologique. Sur place, c’est vrai que l’on ne sent pas le risque tellement les gens sont respectueux, mais eux-mêmes nous ont souvent rappelé d’être discrets quand on fait du camping sauvage ou lorsque l'on se déplace après la tombée de la nuit, par exemple.
C’est vrai que dans les zones les plus au sud de la Basse-Californie, ce ne sont pas les tout-inclus qui manquent, mais ça reste une affirmation exagérée, considérant que le tracé est très rustique, que l’on risque de croiser plusieurs bibittes indésirables, que l’accès en eau est limité et que la climatisation est plutôt inexistante. Cependant, cet itinéraire est tellement bien documenté et mis à jour par la communauté qu’il a l’avantage d’être assez facile à organiser et à exécuter.
Mais l'existence de ces tout-inclus m’a rapidement donné une idée… Soit celle de terminer l’aventure quelques jours dans un de ces hôtels, comme récompense en quelque sorte! J’avoue m’être servie de cette récompense comme un mantra en cours de route: “Présentement c’est difficile, mais bientôt tu pourras engloutir tous les margaritas et tacos que tu veux, sous un parasol au bord de la plage!’ Une récompense intéressante que j'espère reproduire lors d’un prochain voyage dans ce pays aux nombreuses possibilités.
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